• Dans Le Figaro, par Lara Vida :
    « UN ROMAN D’INITIATION. Dans l’atmosphère flûtée de ce début de siècle sur lequel glissent, hiératiques, les silhouettes de l’impératrice déchue, des Boni de Castellane et autres Sarah Bernhardt, Juliette Benzoni déploie avec aisance les voiles successifs de son roman d’initiation. Même quand les intrigues policières se mêlent aux émois de La Jeune Mariée, c’est toujours avec grâce. »

  • Dans Chance :
    « UNE TRAME PASSIONNANTE. Albine est le genre de personne dont la beauté éclabousse les êtres qui l’entourent. Narcissique, futile et malicieuse, elle semble ignorer la jolie jeune femme qui sommeille en Mélanie, sa fille de quinze ans … La rivalité entre mère et fille constitue une trame passionnante pour ce roman qui mêle amour et trahison. »

  • Dans Famille Magazine :
    « LITTERATURE D’EVASION.» Qui aime la littérature d’évasion appréciera sûrement le premier tome de cette trilogie intitulée : Les Dames du Méditerranée-Express .. Jusqu’au bout, Juliette Benzoni maintient le suspense et, croyez-moi, on brûle de savoir quel sort va connaître la fine et jolie Mélanie, tigresse à bon escient, capable de toutes les ruses pour s’échapper du filet dans lequel elle s’est trouvée prise malgré elle. »

Revue de Presse à propos de « La jeune mariée »,  1er tome de la saga « Les Dames du Méditerranée Express » en 1990

Revue de Presse à propos de « Le voyageur »,  1er tome de la saga « Les Treize Vents » en 1992

  • Dans Le Populaire du Centre, par Christian Signol :
    « VIE ET SENSIBILITE. Juliette Benzoni entame une nouvelle fresque romanesque dont le premier tome s’intitule Le Voyageur. Nous sommes à Québec, en 1759, alors que la ville est assiégée par les Anglais. Ce roman historique est plein de vie et de sensibilité. La vérité des lieux et des êtres lui confère une sorte d’intemporalité à laquelle ont seuls accès les grands romanciers. »

  • Dans Femme Actuelle :
    « UN MERVEILLEUX ROMAN » Aventures, amours, vengeance, un merveilleux roman populaire dont les rebondissements tiennent en haleine jusqu’au bout. On attend la suite avec impatience!. »

  • Dans la Gazette Provençale :
    « SUPERBE ROMAN. Ce tome I est une fresque romanesque si riche en péripéties et en personnages, qu’elle vous tiendra en haleine, le souffle coupé, le coeur serré … Superbe roman qui passionnera nos lecteurs. »

Dans l’Express en 1993, article de Anne Pons

Leur France est un roman

Héritiers de la littérature populaire du XIXe, ces écrivains ignorés des télés, mais promus par les clubs de lecture, racontent des histoires, simples et sincères. Ils parlent des corons, des champs, des passions. Du rêve à grands tirages.
Oui, les Français lisent, n’en déplaise aux éteignoirs. Parfois même, ils trépignent auprès des éditeurs: «A quand le prochain livre de X ou de Y?» Dans une enquête menée par la Sofres pour La Fureur de lire 1993, 70% des individus sondés marquent leur préférence pour le roman. Les essais, la poésie et le théâtre – 12% des suffrages – font figure de traînards.
Qui sont donc les chanceux que la crise laisse de marbre? Les auteurs les plus lus? Un Sollers, un Orsenna, un Lambron? D’autres encore, qui déjeunent Rive gauche et meublent les colonnes des meilleures ventes? Halte-là! Charles Briand, Marie-Paul Armand ou Ludovic Massé coiffent souvent nos stars parisiennes au poteau.
Snobés par la presse nationale, à l’écart des écoles littéraires, recalés aux grands prix, les soldats de cette armée de l’ombre continuent de tracer leur sillon sans esbroufe. Ni demandes d’interview ni sonneries de téléphone. Un peu tristes, sans doute, lorsqu’ils attendent en vain un message de «Bouillon de culture» ou de «Jamais sans mon livre». Avec ses 2 millions d’exemplaires vendus chez France Loisirs (sur 22 titres), Juliette Benzoni n’a pas mis le pied une seule fois à la télévision. (—)

Dans sa maison tranquille de Saint-Mandé, où vivent trois générations de femmes, l’historienne Juliette Benzoni rayonne de simplicité. Le début de sa carrière? Une émission de Sabbagh, qui s’intitulait «Le Gros Lot». A l’avant-dernière question, elle chute. Mais Paul Winckler, qui l’avait écoutée, lui met le pied à l’étrier, avec l’aide de Gérald Gauthier, d’Opera Mundi 
«Vous avez une histoire ?» - «Oui, mes enfants sont bourguignons et je sais pas mal de choses sur l’ordre de la Toison d’or.» 
Après trois essais, Juliette Benzoni doit livrer 800 pages en deux mois : les deux premiers volumes de la série «Catherine» (1963) – republiés ce mois-ci chez Lattès – étaient pris en feuilleton par «France-Soir». Les 6 tomes seront traduits en 17 langues. De 30 000 en librairie, ses ouvrages, au nombre de 45 aujourd’hui, sautent à 300 000 quand ils sont sélectionnés par le club. C’est le cas des «Gerfaut», qui sont quatre, comme les trois mousquetaires. Dernier livre paru, «Les Treize Vents», un régal, traduit l’amour enthousiaste de l’auteur pour le Québec du xviiie siècle assiégé par les Anglais. L’exil du jeune Guillaume Tremaine permet à Juliette Benzoni d’enraciner son histoire dans les environs de La Hougue et de Saint-Vaast, «des lieux moins exploités par les écrivains que le Cotentin».

Rdv ici pour lire l’article en entier

Revue de Presse à propos de la série « Le Boiteux de Varsovie »

  • 1994 pour « L’Etoile Bleue »
    Dans Les Petites Affiches, par Bertrand Galimard Flavigny : « De Venise à Paris, en passant par Varsovie, le premier épisode court de rebondissements pour laisser le lecteur haletant… Des auteurs comme Juliette Benzoni doivent être bénis des Dieux. Ils savent que la littérature, c’est aussi et surtout raconter une histoire. »

  • 1995 pour « La Rose d’York »
    Dans Le Figaro, par Laurence Vidal : « On ne présente plus Juliette Benzoni, son écriture qui coule, allègre, limpide même lorsqu’elle ondoie dans les eaux troubles, ses fières – ou tendres – héroïnes empêtrées qui dans les intrigues de palais, qui dans les drames policiers et, toujours, forcément dans affres du coeur…. Après l’Etoile bleue, la deuxième apparition du prince Aldo Morosini est toujours aussi joyeuse, soyeuse, élégante et légère; Un roman faussement policier et franchement enjoué. »

Un magnifique portrait de Juliette Benzoni,
par Anne-Marie KOENIG de 1995

Juliette Benzoni n'écrit pas de romans historiques

mais des romans dans l'Histoire... 

Dans le catalogue réservé aux Bibliothèques – Octobre 1996

Petite anecdote : 

Dans la genèse du Boiteux de Varsovie que Juliette avait écrit pour l’édition France-Loisirs de « L’Etoile Bleue » (à lire ICI), elle n’avait pas encore écrit les 4 tomes de la série mais elle avait déjà donné un titre à chacune des histoires et le 4ème livre avait alors un autre titre qu’elle a changé ensuite. Ce dernier livre devait s’appeler « Le Rubis de l’Inquisiteur », pour finalement s’intituler « Le Rubis de Jeanne la Folle ».
Le document suivant – le catalogue proposé aux bibliothèques pour commander leurs livres en reliure beaucoup plus « solide » pour des lectures répétées et intensives – nous montre que le livre a également eu une couverture différente de celle finalement choisie par l’auteur !
Il est à noter que Juliette avait expressément demandé à Plon d’utiliser les peintures de Paul Helleu pour élaborer les couvertures de la série qui nous a présenté notre détective antiquaire Aldo Morosini

Dans L’Express en 1997, article de Anne Pons

Le secret de Juliette

Trahisons, meurtres, amours contrariés :

Juliette Benzoni connaît la recette du best-seller. Elle le prouve cette fois encore avec Secret d’Etat
En dépit de la crise, le rêve à grands tirages se porte bien, merci. Mais, alors que les Américains touillent des techno-thrillers futuristes dans les cuisines de l’an 2000, ici c’est toujours dans les vieux pots qu’on fait les bonnes soupes du best-seller. D’un côté, les Turbulences des vols transpacifiques, les manipulations génétiques, les virus en goguette. De l’autre, les chansons de toile, les filles d’honneur rougissantes et les bâtards de l’histoire de France. Des cycles romanesques – jamais moins de trois volumes, souvent plus – un côté prolifique à faire pâlir Dumas.
Héritière de la littérature populaire du XIXe, Juliette Benzoni a débuté sa carrière dans une émission de Pierre Sabbagh qui s’intitulait Le Gros LotPrémonitoire. Le succès phénoménal du Boiteux de Varsovie ou des Treize Vents n’a pas démenti cette promesse de l’aube. C’est donc droit dans ses bottes de mousquetaire que Juliette Benzoni s’attelle au tome I de La Chambre de la reine. Pieds nus, sa chemise souillée de sang, une petite fille erre dans la forêt d’Anet. Adoptée par la mère de François (de Bourbon-Vendôme, l’un des petits-fils d’Henri IV et de Gabrielle d’Estrées), elle verra son destin l’amener à côtoyer Anne d’Autriche, Louis XIII, Richelieu et le sadique assassin des siens… Pas plus que dans les best-sellers de Forsyth ou de Crichton l’auteur n’en appelle à la psychologie. On avance à coups de secrets d’Etat, de trahisons, de meurtres de prostituées, d’amours contrariés, le tout au son de la jolie voix de Sylvie, qui charme les oreilles du cardinal.
A quoi tient la pénétration profonde de ce type d’ouvrage dans notre société ? Au fait que ce sont des livres «tout public» ? Quand on sait que certains romans de Juliette Benzoni sont traduits en 17 langues et que, de 30 000 en librairie, ils sautent à 300 000 avec le soutien des clubs, on s’interroge, une fois de plus, sur le passéisme qui fonde l’air du temps.

Dans L’Express en 1997, article de Catherine Argand

La vidéo de l’INA du 24 décembre 1998, l'émission de France 3
« Un livre, un jour ». Dans le décor du piano bar de l’hôtel « la Villa » à CALVI, Olivier BARROT présente le livre de Juliette BENZONI

« La Vie de Château » édité par BARTILLAT.
Images d’archive INA avec une petite video de présentation du livre

Sur INA.fr  en 1998

Dans La Croix en 1997, article de Cécile Jaurès pour la sortie du 1er tome de Secret d'Etat :
"La Chambre de la Reine"

Dans L’Express en 1998, article à propos de 
« Le Prisonnier Masqué », 3ème et dernier tome de
la saga « Secret d’Etat » par Marie Tourres

L’angoisse de la page blanche, Juliette Benzoni ne connaît décidément pas.

Cette ancienne journaliste, historienne passionnée, a aujourd’hui pris place dans la ronde des auteurs prolifiques. Dans les années 60, avec la série des Catherine, elle embrassa le succès. Voilà donc trente ans que Juliette Benzoni s’attache à raconter les petites histoires de l’Histoire. Plus de 50 ouvrages qui remportent à chaque fois les suffrages du public.
L’intrigue du Prisonnier masqué se déroule vers 1660, à une époque où se côtoient jeunes mondaines élégantes, gentlemen mousquetaires et traîtres arrivistes, où une nouvelle boisson, le chocolat, imprègne les murs de Fontainebleau de doux effluves, où les rancœurs de la Fronde entraînent vengeances et perfidies, où les hommes meurent en duel pour l’amour ou l’honneur de leur promise.
Mazarin va sur sa fin. Colbert et Fouquet aspirent à le remplacer. Le Roi-Soleil, plutôt lunatique, est plongé dans les ténèbres de l’intolérance. La duchesse Sylvie de Fontsomme, une ravissante veuve, élève, loin de Paris, ses deux enfants: Marie, qui fait ses premiers pas dans le monde de la galanterie et des tourments amoureux, et Philippe, dont la naissance reste voilée par le secret.
A la demande de Louis XIV, Sylvie se rend à la cour auprès de la nouvelle reine, Marie-Thérèse. Là, elle est amenée à revoir François de Beaufort, son amour de jeunesse, qui tua en duel son époux. Prêt à tout pour reconquérir la duchesse, François les protégera, son fils et elle, contre le danger qui les guette et le passé qui les rattrape. Pour ce troisième volet de la série Secret d’Etat, Juliette Benzoni se fait, une fois encore, chroniqueuse à la cour de Louis XIV. Elle nous emporte dans sa fiction au rythme des décès, des mariages et autres événements mondains des grands du royaume de France. De nobles sentiments, du sang, des larmes, du mystère, des rebondissements providentiels, mille et une anecdotes croustillantes, juste ce qu’il faut de préciosité pour coller à l’époque…

Rehaussé par une écriture alerte, voici encore un best-seller en puissance né de la royale plume de Juliette Benzoni.

Dans Le Figaro en 1998, article de Jean Jalon

Dans Le Figaro en 1999, par Etienne de Montety

Dans Marianne en 1999, article de Clara Dupont-Monod

Juliette Benzoni, 300 millions de livres vendus, jamais vue chez Pivot

Elle est l’un des écrivains français les plus lus. Pourtant, qui la connaît ? Rencontre avec la Barbara Cartland du roman historique.
On lui demande ce qui fait courir sa plume depuis plus de trente ans. Elle répond simplement: «J’aime ça.». On s’interroge sur l’engouement planétaire du public (50 millions de lecteurs); elle lâche, évasive: «Je crois que ça plaît aux gens.». On mentionne la cinquantaine d’ouvrages qui se sont vendus à 300 millions d’exemplaires dans le monde, les traductions en 22 langues, du finnois à l’hébreu, la sortie de son nouveau roman ; elle s’inquiète: «Elle marche, la sonnette du portail ?».
Juliette Benzoni, 78 ans, est un phénomène éditorial et elle s’en fout complètement. Jamais invitée chez Pivot, boudée par les critiques, cette vieille dame écrit tranquillement ses séries de romans historiques, calfeutrée dans son pavillon de Saint-Mandé, à un vol de moineau de Paris. C’est là, dans le silence d’un après-midi qui s’enroule autour des pampilles en cristal, bercée par la tiédeur des fauteuils Récamier aux coussins de velours, qu’une jeune fille aux cheveux blancs orchestre l’histoire. La Bourgogne à l’époque de Jeanne d’Arc, Florence en 1457, Paris sous le règne du Roi-Soleil, Venise aux lendemains de la Première Guerre mondiale… En haut de cet hôtel particulier, dans la chambre, le crépitement de la machine à écrire fait défiler enlèvements sauvages, secrets d’Etat, trahisons vengeresses et, surtout, passions contrariées. L’amour tient une telle place qu’on a surnommé Juliette Benzoni «la Barbara Cartland du roman historique». Pour celle qui se considère plus comme l’héritière de la littérature populaire du XIXe siècle, «le succès vient sans doute de là». De là ? «De rêves racontés dans une langue moderne, sans archaïsme d’époque.» Aux thrillers futuristes sur fond d’Internet, de manipulations génétiques et de menaces millénaristes, elle préfère les chevauchées royales, les taffetas à ramages et les éventails ajourés. Aux modes d’emploi du parfait bonheur quotidien, qui consiste à prendre une première gorgée de bière en contemplant l’aube naissante, cette presque octogénaire préfère l’action.

Le veuvage, à 40 ans, la fit naître à l’écriture
La psychologie l’ennuie: «Il faut tenir les gens en haleine, ne pas s’attarder.» Les héros de Juliette Benzoni sont toujours beaux et inventifs; les héroïnes, somptueuses et vaillantes. «C’est pour faire plaisir au public», sourit-elle. Un public fidèle aux épopées flamboyantes, le même, sans doute, qui suivit avidement le Comte de Monte-Cristo sur TF1. D’ailleurs, sourit-elle, «la passion de l’histoire m’est venue à 9 ans en tombant sur une image de Jeanne d’Arc. Alexandre Dumas a fait le reste.» (venez lire mon anecdote sur Jeanne d’Arc ICI )

Cette amoureuse des péripéties historiques, chouanne dans l’âme, révolutionnaire par la plume, fréquenta pourtant le très strict cours des Demoiselles du Désir et fut pendant longtemps une épouse de notable exemplaire. Partagée entre les bonnes oeuvres et l’éducation de ses enfants, Juliette Benzoni ne publia rien avant l’âge de 40 ans, date de son premier veuvage. Son mari était médecin. Il avait si bien soigné les prostituées du bois de Vincennes qu’en 1942, lorsque naquit le premier fils de Juliette qu’elle ne pouvait allaiter, les dames du bois l’approvisionnèrent deux ans durant en oranges fraîches. Il fallut donc un loyer à payer, plus une annonce dans le Figaro, en 1950: «On recherche, pour un journal, des gens sachant écrire des récits vécus», pour qu’elle se lance. Ses feuilletons dans le journal Confidences dureront vingt-quatre ans. C’est le même éditeur, Paul Winckler, qui lui demanda, pour France-Soir, une nouvelle Angélique. En inventant le personnage de Catherine, en 1961, Juliette Benzoni se dota d’une technique narrative qui est encore la sienne: tout est vu, senti, vécu, par le biais du personnage. Le livre parie sur l’identification du lecteur au héros, que facilite le réalisme des descriptions.
Chaque volume demande deux ans de recherches historiques. Tout y passe: la chronologie méticuleuse, la couleur des robes, les dorures des palais… «La comparaison avec Barbara Cartland m’énerve, s’emporte-t-elle. On produit autant l’une que l’autre, mais, pour moi, c’est sans compter l’énorme travail de documentation.». Une fois les connaissances amassées, elle écrit d’une traite, à raison de trois pages quotidiennes. Résultat : deux livres par an.

Le cri de la femme de ménage brisa net le manuscrit…
Ce rythme effréné la rapproche de Max Gallo, autre stakhanoviste de l’écriture. Mais, si ce dernier jette son dévolu sur un personnage unique, les romans de Benzoni, en revanche, sont ceux de la multitude. «C’est une sorte de famille, explique-t-elle. Les personnages, une fois qu’on les a mis au monde, il faut vraiment les considérer comme des enfants. On ne peut pas leur faire faire quelque chose qui ne soit pas conforme à leur caractère. Ils prennent possession de moi.» Il arrive que ce petit monde déserte, la laissant seule, vide. Alors, le sommeil la déserte à son tour…

La littérature d’échappée profite aussi aux auteurs. Benzoni puise dans ce cortège de visages de quoi s’oublier un peu elle-même. Elle s’offre des personnages qui «se tirent de toutes les situations». Ils la protègent de sa propre mémoire. Aucun ne lui inflige une deuxième fois ce cri entendu depuis le jardin, celui de la femme de ménage découvrant le corps de son fils mort, foudroyé par une attaque cardiaque, il y a quatre ans. Aucun ne lui rappelle qu’elle fut deux fois veuve. Chacun lui rappelle sa multitude à elle, quand son fils disparu, sa mère, morte peu après lui, et sa fille habitaient tous la maison de Saint-Mandé. Une fois seulement, ce fut elle qui abandonna sa «famille». Ce fameux jour où tout bascula avec la mort de son fils, Juliette Benzoni écrivait la série «le Boiteux de Varsovie». «Le cri de la femme de ménage a cassé net une phrase», se souvient-elle. Il brisa bien plus qu’une phrase. L’auteur raya d’un trait noir son manuscrit, et n’y toucha plus. Lorsqu’enfin elle se réconcilia avec ses propres mots, ce fut pour s’y noyer. «On peut arriver à tout laisser dehors. On retrouve le chagrin à la sortie», dit-elle. Certains aveux valent titres de noblesse.

Dans Libération en 1999, article de Pascale Nivelle

Dans L’Express en 1999 à propos de « Les Emeraudes du Prophète » ,
1ère suite des aventures d’Aldo Morosini, par Jean-Baptiste Michel

Benzoni à la vitesse grand B :

« Les Emeraudes du prophète passent les frontières et remontent le temps à toute allure. Servies par un imaginaire galopant »
Elle écrit vite, Juliette Benzoni. En moyenne, un roman et demi par an. Elle pourrait même écrire mieux. Qu’importe. D’une saga à l’autre, son œuvre prolonge la tradition de prolixité brouillonne et d’imaginaire galopant du temps d’Eugène Sue. Un auteur heureux, comme ses personnages. Nous sommes à Dijon dans les années 30 :
«Finissons de déjeuner et rentrons à Paris ! Je m’y livrerai aux démarches nécessaires pendant que tu te rendras en Bohême. De là, tu n’auras qu’à gagner directement Istanbul où l’on se retrouvera au Pera Palace.»
Tel est le plan arrêté par le prince Aldo Morosini, expert en joyaux historiques, et par son ami l’archéologue Vidal-Pellicorne pour s’emparer de l’Ourim et du Toummim, deux émeraudes offertes, selon la légende, par Jéhovah au prophète Elie – et qu’un ambitieux rabbin, à Jérusalem, les a convaincus de lui rapporter en enlevant Lisa, la femme du prince. La vie de Lisa dépend de leur succès. Ils passent donc les frontières et remontent le temps à toute allure. De l’antique forteresse de Massada, où les joyaux ont disparu avec ce dernier foyer de la résistance juive, au romantique château de Hohenburg, en Allemagne, où ils ornent les délicates oreilles d’une grande-duchesse, c’est une frénésie de déplacements et d’associations d’idées historiques qui nous transporte de la bibliothèque de Dijon au cimetière juif de Prague, d’Istanbul, où repose le trésor des Sultans, à la Roumanie de Dracula. Les pierres rendues à Israël seront escamotées par la sagesse du grand rabbin et l’aventure se clôt par un dîner à l’hôtel King David, où les protagonistes enfin réunis s’en remémorent les péripéties dans une ambiance «élégante, fleurie et confortable».
Ces émeraudes tombent dans le coffret de Juliette Benzoni aux côtés du Rubis de Jeanne la Folle, de L’Opale de Sissi, de ces belles pierres maléfiques qu’elle taille à la manière un peu brute de la comtesse Ilona, héritière de Dracula, qui, ayant lu le roman de Bram Stoker et vu toutes ses adaptations à l’écran, apparaît devant le héros stupéfait «vêtue d’une tunique noire parfilée d’argent dont les larges manches et le profond décolleté s’ourlaient de chinchilla». Elle s’avance pour lui dire, non sans grâce ni humour, que le roman populaire, de nos jours, offre moins une vision qu’une télévision de l’Histoire. »